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OS -----> Lance le dé... de SourireSmagiqueS (suite) 29/01/2011

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N E W S  E N V R A C
 
• Le premier volet de Harry Potter et les reliques de la mort a été pré-nominé à la prochaine cérémonie des Oscars dans la catégorie « Meilleurs effets spéciaux», prestigieuse cérémonie qui se déroulera le 27 février 2011, en direct du Kodak Theatre, et diffusée sur ABC aux États-Unis. Harry Potter et les reliques de la mort sera en concurrence avec Tron, Alice au pays des merveilles, Au-delà, Inception, Iron Man 2 et Scott Pilgrim. La concurrence sera rude !
• Le réalisateur David Yates l'avait déjà affirmé en promo pour la sortie du film, la première partie de Harry Potter et les reliques de la mort sera accompagné de nombreux bonus dont des scènes coupées. Warner Home vidéo prévoit pour l'instant de sortir le DVD et le blu-ray le 11 avril en France.
• Une scène extrêmement importante a été modifiée dans la deuxième partie du film...
 
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J'ai honte, qu'est-ce que j'ai honte !
J'avais promis de faire mon possible pour mettre mon blog à jour une fois par mois... Ma dernière mise à jour date du 25 octobre... Honte à moi !
Je tiens à m'excuser auprès des personnes à qui j'ai promis d'aller lire leurs fics...
J'ai un boulot monstre à mon IUT ! Jamais vu ça ! :D
Pour me rattraper, je mets la suite de la One-shot que j'ai mise en ligne dans l'article précédent.
En espérant que cela va vous plaire !
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_Et pourquoi ça, Patil ? demanda Draco, méfiant.
_Viens ce soir, à onze heures, à la tour d'astronomie...
_Rêve pas ! J'ai autre chose à faire ce soir, la coupa-t-il.
_Tu dois encore sauter Pansy ? lui demanda Parvati avec, cependant, rien qui ne puisse traduire de l'ironie dans la voix.

La mâchoire de Draco se crispa de fureur alors qu'il sortait déjà sa baguette pour débuter un duel.

_Pas la peine, Malefoy. On arrangera ça ce soir. Si tu ne viens pas, j'en conclurai que tu as peur d'une fille...

Il aurait voulu répliquer qu'il voulait que ce soit finit maintenant et que, ce soir, il n'avait aucune envie de venir la voir mais elle était déjà partie en courant.

_Sale Gryffondor ! grogna-t-il, de bien mauvaise humeur.
 
#


_Mais, pourquoi ? s'entêta Seamus.
_Pose pas de questions inutiles, joue ton rôle et c'est tout. J'ai accepté de sortir avec toi alors soit un minimum supportable ! s'irrita Parvati en allumant les bougies sur la petite table d'un coup de baguette.

Hermione était un peu plus loin, habillée d'une longue robe rouge dans laquelle Parvati l'avait qualifiée d' "ultra sexy". Elle regardait le ciel noir comme de l'encre. Cette nuit, les nuages étaient trop nombreux et compacts pour qu'on voie la Lune ou les étoiles.

Elle était tendue et ne savait pas trop quoi penser de l'idée douteuse de Parvati. Draco devait venir à onze heures et, scrupuleux comme il l'était, il sera à l'heure ; il n'avait jamais été en retard à un rendez-vous. A part s'il ne venait pas, évidemment. Selon le plan, il devait la surprendre avec Seamus, autour d'une table à la nappe blanche recouverte de pétales de roses fuchsia et de bougies. Parvati s'était chargée de la décoration et de l'organisation et il fallait bien admettre qu'elle s'était lâchée. Tout était le nec plus ultra du romantisme... un peu trop, d'ailleurs ; le plat était des spaghettis, dans une seule assiette – elle s'était justifiée en citant La belle et le clochard

Donc, Draco devait arriver alors qu'ils dînaient et tomber ivre de jalousie. Effet qu'elle espérait mais qu'elle savait improbable, voire carrément impossible. Elle avait perdu tout espoir ; elle préférait, ça évitait la déception qu'entraînent les désillusions. Mais Parvati était convaincue que rien n'était encore joué et que la réussite n'était possible que si on se battait... et elle était prête à se battre, ça Hermione l'avait remarqué !

_Hermione, à table, ma jolie ! l'appela Parvati.

Poussant un soupir, elle s'exécuta et vint s'assoir en face de Seamus qui la regardait, interrogatif. 

_Elle est pas belle, notre préfète, Seamus ? s'enquit l'indienne, tout heureuse.
_Si, si mais...
_Oh écoute, idiot interplanétaire, disons que c'est un test que je te fais passer. Histoire de voir si t'es assez romantique et attentionné pour avoir l'honneur d'être mon petit ami, pendant plus longtemps que deux jours, pigé ? Donc, t'as intérêt de traiter Hermione comme une reine, sinon t'es bon pour draguer ma s½ur jumelle parce que jamais –jamais, tu m'entends ?- j'accepterai d'être près de toi plus d'une minute ! Ça va, j'ai répondu à ta question ? finit-elle, arrogante.

Seamus se dépêcha d'acquiescer de la tête et Hermione compatit ; Parvati pouvait vraiment être tyrannique et effrayante !

_Super ! Bon, alors, bon appétit, mes tourtereaux...

Et elle s'en alla précipitamment.

_Mais comment va-t-elle voir comment je me débrouille si elle s'en va ? s'étonna Seamus, interloqué.
_Elle... Je vais tout lui répéter et lui dire si j'ai apprécié le repas. Elle me fait confiance, mentit Hermione, un peu mal à l'aise.
_Oh, je vois... ta robe est vraiment lumineuse, Hermy-chérie. Tu veux un peu de vin des elfes ?

 
#

Draco poussait soupir sur soupir tandis qu'il gravissait les marches menant au sommet de la tour d'astronomie. Sa chemise était mise n'importe comment et ses cheveux étaient tout décoiffés. D'ailleurs, il avait fait exprès d'être particulièrement négligé, il voulait bien faire comprendre à cette Parvati Patil qu'il n'était pas intéressé par elle.


Mais il ne pouvait se permettre de ne pas se rendre à ce rendez-vous, elle pourrait croire qu'il avait peur d'elle, ce qui, soit dit en passant, était franchement ridicule.

Quand il fut enfin à l'entrée de la salle en haut de la tour, il se figea. Au milieu, une petite table était dressée pour deux... et justement deux personnes qu'il reconnut aussitôt dînaient aux chandelles. Aucun détail ne lui échappa, ni les pétales de roses qui étaient éparpillées, ni les bougies, ni la nappe blanche, ni les rires cristallins de la jeune fille, ni le large sourire du jeune homme. Hermione, dans une belle robe de soirée rouge, et Seamus, bien habillé lui aussi.

_J'aime ton rire... il est merveilleux, la complimenta Seamus.
_Seamus ! lui reprocha Hermione, sans pour autant calmer son fou-rire.
_Quoi ? J'ai quand même le droit d'être un gentil petit copain ? 
_Oui, rassure-toi, tu es un merveilleux petit ami ! lui répliqua-t-elle, espiègle.

Seamus eut un grand sourire heureux et lui prit la main par-dessus la table...

_Et tu n'as encore rien vu !

Heureusement, ni Seamus, ni Hermione ne pouvaient remarquer la présence du Serpentard qui était dans l'ombre.

Fou de rage, Draco fit demi-tour et commença à redescendre le grand escalier en colimaçon quand une petite main lui agrippa le bras. Il se retourna, s'attendant à se retrouver face à Hermione et prêt à lui crier toute sa ranc½ur mais ce n'était que Parvati qui lui souriait, moqueuse.

_Oui, moi aussi, j'ai été déçue –enfin, pas autant que toi, vu ta tête ! Ils nous ont piqué notre lieu de rendez-vous, ces coquins. Enfin, ça va, ils n'en sont qu'au dîner... on aurait pu tomber plus mal ! émit-elle sous-entendu sur sous-entendu.
_Tu n'espères quand même pas me faire croire ça, Patil ? grinça-t-il, furieux.
_Et pourquoi te mentirais-je ? fit-elle mine de s'étonner. Bon, c'est pas le tout mais je suis fatiguée... on règlera ça une autre fois. Désolée de tant te décevoir, mon biquet !

Puis elle le dépassa en lui décochant un clin d'½il moqueur et disparut dans les méandres de l'escalier. Et lui, il resta là pendant quelques temps à méditer les paroles de l'indienne... C'est vrai ça, pourquoi lui avait-elle menti ? Car, il en était certain, il y avait un truc louche dans cette histoire...

 
#


Hermione avait passé une bonne soirée, en fin de compte. Mais, et ça ne l'avait pas vraiment étonné, Draco n'était pas venu. Cette mascarade avait été inutile, enfin pour elle. Elle avait au moins la consolation de savoir que Seamus pourra sortir avec Parvati et tenter sa chance. Parvati était dure avec lui mais peut-être qu'il réussirait à la charmer. Après tout, il était vraiment un garçon sympathique, plein de qualités et charmant.

Il l'avait bien fait rire avec ses manières. Il n'avait pas cessé de la combler et de la flatter... Il en avait vraiment fait trop. Au début, elle avait compté les fois où il avait complimenté sa coiffure, mais au bout de la trentième fois, elle avait laissé tomber. Il s'était extasié sur la couleur de sa robe et l'éclat de ses yeux, était parti dans une description complète du tracé de ses lèvres, avait trouvé mille détails fabuleux au courbé de ses cils... sans compter qu'il lui avait répété toute la soirée qu'il admirait sa culture générale.

Hermione devait bien reconnaître qu'il méritait bien de tenir la main de Parvati pendant quelques temps, vu le mal qu'il avait pris à lui plaire. 

Une heure plus tard, Parvati était de retour, sautillante de joie. Elle lui avait dit que tout s'était passé à merveille et tous les trois étaient rentrés à la salle commune pour ensuite aller rejoindre leurs lits.

 
#

_C'est Malefoy ! On s'est croisé et il m'a fait un croche-pied dans les escaliers..., affirma Seamus alors que l'infirmière lui tendait une potion.

_Ne dis pas n'importe quoi, mon petit. C'est Malefoy lui-même qui t'a fait léviter jusqu'ici ! Tu as seulement trébuché dans les escaliers et tu t'es pris un bon gros coup sur la tête... ça va passer, bois-ça ! lui ordonna Pomfresh.
_Puisque je vous dis que c'est lui ! Il est même venu me foutre un coup de pied dans les côtes alors que j'étais encore au sol ! Je suis pas fou, quand même ! 
_Bois ! s'impatienta Pomfresh.

Las, le jeune homme capitula et but la potion. Instantanément, il s'endormit. L'infirmière se retourna en soupirant vers les deux jeunes filles.

_La guérison sera rapide. Demain, il pourra sortir.

Après ces prédictions, l'infirmière s'en alla, laissant les deux jeunes filles auprès du jeune homme endormi. Parvati arborait un grand sourire surexcité qui ne cachait rien de sa satisfaction. Mais Hermione n'était pas très fière.

_T'as vu ? Je t'avais dit qu'il serait jaloux... Ce qui ne prouve qu'une chose..., minauda Parvati.
_ça ne prouve rien. Draco déteste les Gryffondor, il a très bien pu s'en prendre à Seamus juste pour...
_Oh je t'en prie, Hermione. Garde ton scepticisme ! s'irrita Parvati.
_En attendant, Seamus a eu des ennuis et tu t'en réjouis ! lui reprocha Hermione.
_C'est un homme, non ? Il va s'en remettre ! Demain, même, d'après Pompom !
_T'es irrécupérable !

#

Elle était au bord du lac et elle réfléchissait. A vrai dire, elle ne réfléchissait pas vraiment mais pensait à une chose puis à une autre. Elle essayait surtout de ne pas penser à lui. Et elle n'y arrivait pas. Ce qui l'agaçait au-delà de toute mesure.

Mais comble du comble, il fallut qu'il apparaisse sur la surface lisse du lac, droit et fier, comme toujours, et, évidemment, toujours aussi beau. Même les vagues que faisaient le vent sur l'eau ne troublaient pas assez son reflet pour qu'elle ne le reconnaisse pas.

_Rappelle-toi, Draco, que tu m'évites depuis maintenant près de deux mois ! ironisa-t-elle, ne parvenant pas à masquer son amertume.
_Je sais, mais il y a une fin à tout, déclara le jeune homme, dans son dos.
_Et qu'est-ce qui justifie cette fin ?
_Tu sors avec Finnigan ? demanda-t-il, en ignorant la question.

Hermione se retourna enfin, désirant croiser son regard... ça faisait si longtemps. Elle fut bien déçue de remarquer qu'il ne la regardait pas mais scrutait l'horizon, gravement, les mains dans les poches de son Jean's.

Elle hésita. Parvati la tuerait si elle ne lui faisait pas croire que Seamus était son petit ami mais elle ne voulait pas mentir à Draco. Et Seamus était déjà assez impliqué comme ça.

_Je devrais surement te dire oui mais... C'est faux. Je ne sors pas avec Seamus.
_Et hier, c'était quoi ?
_Un jeu. Rien qu'un jeu, répondit Hermione.
_Et ce jeu t'a amusée, j'espère ? ironisa-t-il, venimeux.
_ça m'a fait penser à autre chose... Et je crois que j'ai encore le droit de ne pas être obsédée par toi !
_Je n'ai jamais dit le contraire.

Le silence prit possession des environs. Draco n'avait toujours pas baissé le regard vers elle qui était encore assise dans l'herbe qui bordait le lac. Rien n'avait bougé, outre la surface des vagues et leurs lèvres.

_Pourquoi tu ne m'as pas demandé comment ça se faisait que j'étais là, hier, à la tour ? l'interrogea Draco, calmement.

Prise au piège et se traitant d'idiote, elle s'apprêtait à inventer un mensonge quand il s'agenouilla souplement juste à côté d'elle, le visage à moins de dix centimètres du sien et ses yeux acier ancrés comme des poignards dans les siens. Le souffle coupé, elle ne put faire autrement que de répondre avec sincérité.

_C'est Parvati qui m'a prévenue que... Enfin, qu'elle t'avait donné rendez-vous...
_Pourquoi ? l'interrompit-il.
_Pour savoir si tu serais jaloux de moi et Seamus...
_C'était ton idée ?
_Non mais j'ai accepté, répondit-elle.

Ses yeux étaient pires que du Veritaserum. Il lui était tout simplement impossible de mentir quand il la fixait ainsi. 
Il eut un bref sourire amusé avant de se reculer et de s'affaler dans l'herbe, un peu plus loin. Mais même dans cette position désinvolte, accoudé au sol et les jambes à demi-pliées, il avait cette allure incontestable de Prince. Et après, on blâmait les filles d'être incapables de lui résister !

_Tu m'en veux ? demanda-t-elle timidement.
_Un peu mais j'avoue que tu m'amuses, répondit-il en riant légèrement. Enfin, celui qui devrait t'en vouloir le plus, c'est bien ce minable de Finnigan.
_Alors, c'était vraiment pour ça ? 
_Pour ça quoi ? fit-il mine de ne pas comprendre.
_Tu étais jaloux ?
_C'était le but de votre jeu, non ?

Son c½ur manqua un battement. Est-ce qu'on pouvait être jaloux mais pas amoureux ? Si c'était le cas, elle ferait bien de déchanter, maintenant ! Il fallait absolument qu'elle cesse d'espérer à la moindre occasion qu'on lui fournissait. Vu où ça la menait, elle ferait bien de s'en abstenir. Ce seraient des peines et des déceptions en moins.

Observant son mutisme, Draco tourna son regard vers elle.

_Donc tu as tout raconté à Patil ?
_Oui, avoua Hermione. Je sais bien que tu as honte de notre relation... Enfin, de celle que nous avions, mais j'étais mal. J'avais besoin d'en parler.

Il sembla chercher ses mots un instant.

_Je n'en ai pas honte. C'est juste que c'est mal d'en parler à... d'autres.
_C'est... mal ? répéta Hermione, sentant une brusque vague de rage la submerger. Parce que si tu crois que toutes ces filles qui participent à tes petites parties de jambes en l'air ne les racontent pas le lendemain à leurs amies, tu te fourres la baguette dans l'½il et jusqu'à la cervelle ! Si tu savais ne serait-ce que le dixième du nombre de ces filles dont j'ai entendu ces récits si riches en détails, tu ne viendrais pas te la ramener avec ton « C'est mal » !

Elle s'était maintenant levée et brandissait déjà le poing avec colère. Mais Draco semblait plus amusé qu'autre chose et n'avait pas bougé d'un pouce, l'observant resplendir de colère.

_Tu ne crois pas que tu exagères juste un peu ; « le dixième du nombre »... elles ne sont pas une centaine, non plus.
_Comment peux-tu garder cette attitude si je-m'en-foutiste ? Comment peux-tu être si... si..., ragea-t-elle en cherchant l'adjectif approprié.
_Serpentard ? Malfoyen ?
_Con ! Salaud ! Abruti ! Enfoiré ! Une véritable ordure ! Une bouse de dragon !
_Et dans tout ça, je fais le tri ou je dois tout prendre ? se moqua-t-il, narquois.

Elle ne trouva rien à répliquer. Il l'épuisait avec son calme quasi-inébranlable et avec sa retenue infinie. Il se contentait d'observer et de répondre avec un amusement, qu'il montrait ouvertement, à sa ranc½ur. Il s'en fichait, il n'en avait rien à faire. Elle pouvait tout aussi bien plonger dans le lac pour s'y noyer ou fondre en larme à ses pieds qu'il ne changerait jamais d'attitude. 

Alors, elle décida de s'accepter perdante. De toute manière, contre Draco Malefoy, il était inutile de se battre puisqu'il n'en avait strictement rien à faire. Et elle cessa de battre du poing, elle cessa de le fusiller du regard, penchée au dessus de lui, et elle commença à s'en aller.

_Où tu vas ? s'étonna-t-il, toujours allongé au sol.

Mais elle choisit de l'ignorer et de continuer de marcher vers le château. Elle irait se noyer dans son bain ou se taper la tête contre le mur de la salle de bain, jusqu'à ce qu'elle en meurt. Comme ça, elle sera débarrassée de son regard acier aussi magnifique qu'agaçant, de son rire moqueur tout à fait adorable et insupportable, de ses cheveux blonds bien trop beaux pour qu'ils soient tolérés et de son indifférence insultante qui faisait tout son charme ! Malheureusement pour elle, il ne l'entendait pas de cette façon et, comme depuis toujours, c'était lui qui menait le jeu.

Alors, il se leva avec l'élégance qu'aucun Malefoy ne doit négliger même dans les situations les plus critiques et se mit à la suivre, les mains dans les poches.

_Granger..., chantonna-t-il, assez fort pour qu'elle l'entende malgré la distance. Où vas-tu ?
_Laisse-moi !
_Voyons, voyons, tu en crèverais. Je ne suis pas si sadique, répliqua-t-il.
_Laisse-moi, abruti fini !
_Un autre jour ! Quand tu seras prête à vivre sans moi...

Et c'est ainsi qu'ils traversèrent le parc, s'échangeant des paroles pas toujours très polies, ni très modestes ; elle, à une dizaine de mètres devant lui et battant le sol de son pas rageur ; lui, sourire amusé aux lèvres et la suivant à la trace, ne cherchant pas réellement à la rattraper.

Mais, quand ils furent arrivés à l'intérieur du château, Hermione en eut assez alors elle se mit à courir. Elle croyait bêtement qu'il ne la suivrait pas, trop fainéant pour ça, mais Draco avait autre chose en tête. Et il la rattrapa à un détour de couloir, lui agrippant le bras et la plaquant sans douceur contre un mur. La sensation de son corps contre le sien lui fit très vite oublier la douleur qui était survenue dans son dos suite à ce choc. Et cette sensation lui donna des ailes.

_Alors, Draco, on dit m'être indifférent mais on me court après ? 
_Je n'ai jamais prétendu t'être indifférent, contesta-t-il en collant ses lèvres à l'oreille droite d'Hermione.
_Oui mais ce n'est que du sexe.

Et sur ces mots accusateurs, elle le repoussa. Il aurait pu résister, étant bien plus fort qu'elle, mais il n'imposait jamais sa présence.

_Au début, c'était le cas mais tout change.
_Oh et qu'est-ce maintenant ? Ne me fais pas croire que tu éprouves quoique ce soit pour moi, tu m'as clairement dit, et je m'en rappelle parfaitement, figure-toi, « Je ne t'aime pas et je ne t'aimerai jamais. Je n'ai pas besoin de toi. Tu peux mourir, je m'en fous, et je ne veux pas changer pour toi », lui rappela-t-elle, cynique. Ça aussi, ça a changé peut-être ?
_Non, ça n'a pas changé parce qu'il se trouve que je t'ai mentie. Ah et d'ailleurs, désolé de te contredire mais ce n'était pas tout à fait ça.

Et il continua à argumenter le fait qu'elle s'était trompée, que ce n'étaient pas les mots qu'il avait prononcés mais c'était trop tard. Il avait enclenché le bouton « pause » et elle n'entendait plus rien. En fait, après qu'il ait dit « parce qu'il se trouve que je t'ai mentie », elle n'avait plus les aptitudes pour écouter. 

Elle essayait de remettre les choses au clair et dans l'ordre, histoire de s'y retrouver, mais son esprit était comme surchargé et elle n'arrivait plus à faire le tri. Au bout de quelques instants de planage, elle se réveilla et le coupa dans son discours que peu intéressant.

_Que veux-tu dire ?
_Je veux dire que tu as la mémoire d'un troll des cavernes, je n'ai jamais dit que...
_Non, non ! Pas ça ! Quand tu disais m'avoir mentie, qu'est-ce que tu voulais dire ? s'impatienta-t-elle.
_Ah ça ? comprit-il, paraissant, pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, un tant soit peu gêné. Et bien, je disais que... tout ce que je t'avais dit était faux.
_Alors, tu m'aimes ? demanda-t-elle, incertaine.

Il l'observa quelques brèves secondes puis il approuva.

_Un truc comme ça.

Une bouffée de chaleur la prit subitement et elle comprit ce qu'était vraiment d'être au comble du bonheur. Certes, il ne lui avait pas vraiment dit, il n'avait pas prononcé les trois mots tant espérés, le Je t'aime magique, mais c'était tout comme, juste un peu moins romantique. Mais elle avait fini par comprendre, lors du dîner avec Seamus par exemple, que le romantisme n'avait aucune saveur si ce n'était pas avec lui.

Elle lui sauta dans les bras mais elle n'y resta pas très longtemps car une autre pensée vint obscurcir son esprit...

_Et pourquoi toutes ces pimbêches ? C'était un truc comme ça avec elles aussi ? grinça-t-elle.
_Quoi ? Mais non..., s'alarma-t-il.
_Je te préviens, Monsieur le Don Juan des Grandes Surfaces, si jamais je te vois encore au bras de ces garces, ça va chauffer ! C'est bien simple, je te broie les..., continuait-elle à le menacer.

Il y aura sans doute encore d'autres disputes et d'autres coups. Draco ne lui sera probablement pas tout de suite fidèle et Hermione devra surement encore user de la voix et des menaces mais pour connaitre les hauts, il faut accepter les bas... Quant à l'espoir qu'a si farouchement méprisé Hermione, bien qu'il peut être plus illusoire qu'un mirage, il peut être aussi la seule façon de rester en vie.

Car  tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.